On pourrait croire à une histoire d’Halloween… pourtant tout est vrai.
Pendant plus d’un siècle, les Parisiens — et même des touristes venus de loin — se pressaient chaque semaine pour observer… les morts anonymes de la capitale.

Bienvenue au cœur d’un Paris où le dimanche, en famille ou en amoureux, on allait non pas au musée… mais à la morgue.

À l’origine, la “morgue” vient du verbe morguer : « fixer intensément du regard ». Son but ? Aider à identifier les personnes retrouvées noyées dans la Seine ou décédées anonymement.
Mais très vite… la fascination morbide a pris le dessus.

Installée sur l’Île de la Cité, derrière d’immenses vitres, on exposait une quinzaine de corps chaque jour, allongés sur des tables de marbre, rafraîchis par un filet d’eau pour ralentir leur décomposition.
Accès libre, gratuit… succès garanti.

Résultat : jusqu’à 40 000 visiteurs par jour.
Oui, 40 000 personnes venaient observer les morts comme on irait voir une exposition.
Les Parisiens… les touristes… et même les criminels, qui s’y rendaient discrètement pour vérifier que leur victime n’avait pas été reconnue.

L’endroit devient une véritable attraction populaire, au point d’être intégrée aux circuits touristiques britanniques !
Zola et Maupassant eux-mêmes s’en inspireront dans leurs écrits.

Mais cette « sortie du dimanche » prend fin en 1907, lorsque le préfet Louis Lépine ferme définitivement le site pour raisons d’hygiène et de morale.
La morgue devient alors l’institut médico-légal qu’on connaît aujourd’hui — loin de la sinistre vitrine de l’époque…

Cette histoire glaçante nous rappelle à quel point notre rapport à la mort a changé.
Hier : spectacle.
Aujourd’hui : tabou.

Vous auriez osé y entrer… vous ?

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