Vous pensez que les Colonnes de Buren ne sont qu’un décor parfait pour vos photos ?
Derrière cette installation emblématique se cache en réalité l’un des plus grands scandales artistiques qu’ait connus Paris.
Au début des années 1980, la cour du Palais-Royal est loin d’être le lieu élégant que l’on connaît aujourd’hui. Elle sert simplement de parking réservé aux hauts fonctionnaires.
En 1984, François Mitterrand, alors président, et son ministre de la Culture, Jack Lang, décident de transformer cet espace sans âme. Un concours artistique est lancé pour lui redonner vie.
Le projet retenu, signé Daniel Buren, est audacieux : 260 colonnes rayées noir et blanc, de hauteurs variées, qui viennent complètement repenser la cour et son architecture.
Mais très vite, la controverse éclate.
Dès le début des travaux en 1985, une partie des Parisiens s’indigne. L’œuvre est jugée provocante, agressive, et accusée de dénaturer un lieu chargé d’histoire.
Le conflit dépasse rapidement le simple débat artistique. Une véritable bataille politique s’engage entre Jack Lang et Jacques Chirac, alors maire de Paris, farouchement opposé au projet. Les travaux sont même interrompus en plein chantier, et certains réclament la suppression totale de l’installation.
Malgré les tensions et les critiques, le projet est finalement mené à son terme en 1986.
Aujourd’hui, les Colonnes de Buren ont trouvé leur place. Elles ont transformé cette ancienne cour en parking en un espace vivant, devenu l’un des lieux les plus photographiés et fréquentés de Paris.

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