Derrière ce monument emblématique se cache une histoire bien plus mouvementée qu’il n’y paraît.
Après sa victoire à Austerlitz, Napoléon Bonaparte décide d’ériger une colonne place Vendôme pour célébrer la grandeur de son armée. Pour cela, le bronze de 1 200 canons russes et autrichiens capturés est fondu afin de recouvrir une spirale de bas-reliefs, retraçant la campagne de 1805.
Au sommet, une statue de Napoléon est installée, le représentant en empereur romain, symbole de puissance et de gloire.
Mais cette image ne résiste pas aux bouleversements politiques.
En 1814, après la chute de l’Empire, la statue est retirée et remplacée par un immense drapeau fleurdelisé. Le bronze de Napoléon est alors fondu pour servir à la reconstruction de la statue d’Henri IV sur le Pont Neuf.
Des décennies plus tard, en 1871, la colonne devient à nouveau une cible. Pendant la Commune de Paris, elle est perçue comme un symbole impérial à abattre. Les révolutionnaires décident de la détruire.
Le 16 mai 1871, la colonne Vendôme s’effondre au cœur de la place.
Lorsque l’armée versaillaise reprend le contrôle de Paris, l’artiste Gustave Courbet est accusé d’avoir inspiré cette destruction. Il est condamné à financer la reconstruction complète du monument. Ruiné et incapable de payer, il s’exile en Suisse, où il finira ses jours.
La colonne Vendôme que l’on admire aujourd’hui est celle reconstruite après ces événements — témoin de deux siècles d’histoire, entre pouvoir, destructions et luttes politiques.

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